Le Centre des Arts d’Enghien accueillait il y a quelques jours les assises 2025 de l’innovation organisées par le PUI CY Transfer de l’université CY Cergy-Paris. A cette occasion, nous avons été invités avec Lilyana Petrova à imaginer une performance art & science autour de l’éthique de l’IA. Nous avons proposé “Ah ! C’est la machine, ça !”, une performance qui interroge le rôle de l’IA dans l’évaluation des comportements — avec en filigrane la dialectique “normal”/”pathologique” théorisée par Canguilhem — et la dépossession de notre propre responsabilité politique qui se dessine dans l’émergence de ces systèmes d’évaluation automatisée des comportements.
Nous avons donc imaginé une forme d'”espace préfectoral” où une IA évalue quotidiennement (à partir d’algorithmes de Facial Emotion Recognition) la capacité des citoyens à obtenir et/ou à conserver leur nationalité à partir d’une analyse automatisée de leurs émotions pendant qu’ils chantent l’hymne national : sincérité, joie, optimisme, enthousiasme mais aussi colère, tristesse, sarcasme ou paranoia, … Nous avons eu le plaisir d’inviter à participer à cette performance les artistes Z. Chaouki et H. Kutchevitch, qui ont eu, de par leur propre histoire, à traverser les méandres d’une administration parfois peu amène. Par leur témoignage, ils ont contribué à enrichir l’écriture scénique de ce travail performatif, et c’est à elles, à eux et à toutes et tous les autres, que nous dédions ce travail.

