“Ah ! c’est la machine, ça !”

Le Centre des Arts d’Enghien accueillait il y a quelques jours les assises de l’innovation organisées par le PUI CY Transfer de l’université CY Cergy Paris. A cette occasion, nous avons été invités avec Lilyana Petrova à imaginer une performance art & science autour de l’éthique de l’IA. Nous avons proposé “Ah ! C’est la machine, ça !”, une performance qui interroge le rôle de l’IA dans l’évaluation des comportements, avec en filigrane la question de la dialectique entre le “normal” et le “pathologique” chère à Canguilhem. Nous avons donc imaginé une forme d'”espace préfectoral” où une IA évalue quotidiennement (à partir d’algorithmes de Facial Emotion Recognition) la capacité des citoyens à obtenir et/ou à conserver leur nationalité à partir d’une analyse automatisée de leurs émotions : sincérité, joie, optimisme, enthousiasme mais aussi colère, résilience, niveau de sarcasme ou de paranoia, … Nous avons eu le plaisir d’inviter les danseurs et artistes Zouhir Chaouki, Lili Rampre et Ana Kuchevik à participer à cette performance que nous avons par ailleurs dédié à toutes celles et tous ceux qui ont eu à traverser les méandres d’une administration parfois peu amène pour pouvoir obtenir leurs précieux documents.

Artistic research @ Bastia (FR) & Bornholm (DK) for Island Connect EU Project

As part of the “Sylvia: prouver, éprouver” artistic research project in collaboration with corsican choreographer Laetitia Brighi, I attended two artist residencies, one at Théâtre Alibi in Bastia (Corsica), the other at BIRCA on the island of Bornholm (Denmark). The project is funded by EU Island Connect.

The project is inspired by forest ecosystems and their dynamics of solidarity. It explores the possibility of linking European islands through their forests by intertwining their mystical and technological knowledge. Through the establishment of two parallel networks —one mystical and the other, mineral —the project creates a connection between two specific island forests: those of Corsica and Bornholm. These two forests, symbols of the ecological richness of European islands, engage in dialogue through artistic and technological actions.

As a side project, I also took the opportunity of this residency to initiate the series of performance “Same player shoots again” on failure and resilience. The “Moving Coasline” performance on a beach of the baltic sea makes up its first element.

Unexpected Dating : une seconde ou une vie, combien de temps nous faudra-t-il pour nous rencontrer vraiment ?

Avec Narimane Le Roux Dupeyron, nous proposons du 14 au 16 avril 2025, dans le cadre du festival ZERO1 (évènement “anti-colloque”), Unexpected Dating, une série de performances autour de la thématique de l’accélération du monde chère à Hartmut Rosa.

” (…) Entre accélération et stagnation, contrôle et incertitude, ils vous invitent à un rendez-vous atypique dans un supermarché, sur le port de La Rochelle ou dans un café. Ces rencontres-performances questionnent nos rythmes de vie et nos angoisses existentielles. Chaque espace devient un terrain d’expérimentation où se mêlent attente, décision et imprévu. Choisir un yaourt peut-il devenir une expérience vertigineuse ? L’incertitude de la rencontre révèle-t-elle nos doutes les plus profonds ?”

Projet Sylvia @ Fabrique de Théâtre Bastia (Island Connect)

En collaboration avec la chorégraphe corse Laetitia Brighi (compagnie Danzateria) et le compositeur corse Laurent Gueirard, je participe du 7 au 18 avril 2025, à la Fabrique de Théâtre (Bastia), à la première résidence de recherche-création autour du projet Sylvia, un projet transdisciplinaire visant à interroger l’articulation entre affects et régimes de vérité dans la post-modernité. La résidence est financée par le programme européen Island Connect.

Détras de la palmera : une collaboration art & science avec le studio du Fresnoy

En compagnie de Miguel Miceli, artiste plasticien actuellement en résidence au studio du Fresnoy, nous initions en ce mois de janvier 2025 une collaboration art & SHS autour des enjeux de l’agro-écologie. Prenant pour quelques semaines les serres agricoles d’Almeria comme terrain ethnographique, notre collaboration questionne de manière croisée les imaginaires de l’agro-industrie et ceux des migrations nord-sud, interrogeant à nouveaux frais la complexité de nos rapports à l’eau et à la terre.

Cette collaboration est co-financée par le laboratoire ETIS.

@miguel_miceli / https://www.mutualart.com/Artist/Miguel-Miceli/B50D688700593C8F

De l’IA à la recherche-création : la transdisciplinarité comme moteur

Qu’est-ce que la transdisciplinarité radicale ? Comment l’incarner et la vivre au quotidien du chercheur ? Que convoque-t-elle du processus de déterritorisalisation et de l’inconfort permanent que celui-ci invite à adopter comme conduite épistémologique ? Posture scientifique et intellectuelle qui se situe à la fois entre, à travers et au-delà de toute discipline, la transdisciplinarité est la “macchia cieca” des tentatives actuelles, souvent limitées à de vagues incantations, visant à “faire collaborer” les disciplines. Je tenterai de répondre à ces questions lors d’une intervention à l’Université d’Amiens le 28 novembre prochain à 18h dans le cadre des actualités de l’art, à l’initiative de Guillaume Pinçon, MCF à l’Université de Picardie Jules Verne.

PiPeR = Pirate-Performance @ Colloque RE24

Le 17 octobre dernier je co-organisais en compagnie de Joffrey Becker et Lilyana V. Petrova, le colloque RE24 qui proposait une réflexion autour de la reconfiguration des épistémologies en STS. Financé par la chaire ARTSS, RE24 visait à interroger les modalités de l’interdisciplinarité à l’interface de l’environnement, des STS et des représentations, et la contribution des approches performatives art & sciences. A cette occasion, nous avons également présenté Lilyana et moi la performance PiPeR (pirate-performance), acte fondateur du collectif éponyme de pirates-chercheurs en STS.

Enseigner l’intime sans saigner @ Journées Agora CYU

Le jeudi 10 octobre prochain je proposerai dans le cadre des Journées du laboratoire Agora (Université CY Cergy Paris), une intervention autour de la place de l’intime et du sensible dans l’enseignement en cursus d’ingénieur. Je présenterai en particulier des résultats d’expériences-terrain : comment faire de l’émotion suscitée par un sujet sensible ou polémique un moteur pédagogique pour amener les étudiant.e.s à analyser leurs propres affects ? J’aborderai également la question des “trigger warnings” et de leurs limites et quelques aspects méthodologiques permettant d’accroître le sentiment de responsabilité éthique de chacun dans la classe. J’interrogerai enfin l’articulation entre subjectivité, technologie et politique dans la post-modernité, et la façon dont cette articulation prend un sens particulier dans un cours de philosophie pour ingénieurs construit autour du sensible.

La performance « pirate » en conférence comme modalité de production de savoir critique

Le 1er octobre dernier je suis intervenu avec Lilyana V. Petrova dans le cadre des Journées du Centre Internet et Société (UPR 2000 du CNRS). Nous avons proposé une intervention performée autour des nouvelles épistémologies en STS, en particulier les approches émergentes utilisant la performance “pirate” comme modalité de production et de dissémination de savoir critique.

Lien vers le site du colloque.

Vaguing: artistic research in STS as giving up a (vague) territory

With Lilyana V. Petrova, we gave a performance at EASST-4S Amsterdam 2024 as part of the Artistic Research as Generous Practice session. Our proposal took the shape of a dialog between a therapist and a patient on intimate issues regarding trans-disciplinarity. This helped us explore the vulnerability associated with the sense of (not)belonging, the dynamic of boundaries between disciplines (metaphorised as moving coastlines with a clear reference here to climate change) and the related deleuzian notion of (re)territorialisation. We put strong emphasis on what makes generosity so different from tolerance, in as much as the former involves “giving up territory” (aka waiving it). In this view, generosity will “cost” us something, it cannot be free (be it financially or psychologically). Generosity thus involves much more than tolerance, namely, to welcome the Other in her radical otherness. How can we rethink technology as a way to mediate generosity far beyond mere tolerance and how can artistic research become transformative in this respect? Here we explored two crucial issues: how artistic research generates new forms of legitimacy in a context where legitimacy traditionally stems from hyper-specialisation; how it can reassess generosity as a democratic negotiation mediated by technology ?